07.11.2009

Identité 4

Identité 4


Pour terminer ce florilège sur le thème de l'identité, pour respirer un bon bol d'air frais et saluer un vieil ethnologue!

 

 


« les courants de transformations qui traversent notre planète sont plus forts que les résistances identitaires »

Daryush Shayegan

« Si on bloquait les courants - les frontières sont faites pour cela -, le monde serait trempé et pourri dans des eaux mortes »

Ying Chen

 

 

 

« Je ne crois pas aux vertus du nomadisme systématique, de l’accumulation illimitée des emprunts culturels. Pour être à l’aise dans une culture, de nombreuses années d’apprentissage sont nécessaires ; la durée limitée de la vie humaine nous empêche d’aller au-delà de deux ou trois expériences semblables. » Tzvetan Todorov


« Mes premiers écrits, je les ai consacrés à mon incapacité à savoir qui j’étais (…). Je ne trouvais pas ma place sur le nuancier des identités américaines : je ne me sentais ni blanc, ni black, ni hispanique, ni asiatique. Sur le papier, j’étais « africain-américain », mais toutes mes tentatives d’agir comme les membres de cette communauté ont échoué. Alors, vers quinze ans, j’ai laissé tomber : « Américain solitaire », ça me convenait. » Dinaw Mengestu

« On mélange tous la mémoire et l’imagination. Pas seulement notre mémoire, d’ailleurs, mais celle de la génération qui nous a précédés. Même si leur histoire n’est pas la nôtre, on a fini par l’absorber. L’important, c’est de ne pas se sentir « obligé » par elle (…) » Dinaw Mengestu

« L’homme dépaysé, arraché à son cadre, à son milieu, à son pays, souffre dans un premier temps : il est plus agréable de vivre parmi les siens. Il peut cependant tirer profit de son expérience. Il apprend à ne plus confondre le réel avec l’idéal, ni la culture avec la nature : ce n’est pas parce que ces individus-ci se conduisent différemment de nous qu’ils cessent d’être humains. Parfois, ils s’enferment dans un ressentiment, né du mépris ou de l’hostilité de ses hôtes. Mais, s’il parvient à le surmonter, il découvre la curiosité et apprend la tolérance. Sa présence parmi les « autochtones » exerce à son tour un effet dépaysant : en troublant leurs habitudes, en déconcertant par son comportement et ses jugements, il peut aider certains d’entre eux à s’engager dans cette même voie de détachement par rapport à ce qui va de soi, voie d’interrogation et d’étonnement. » Tzvetan Todorov


Aimé Césaire « n’a pas recours à des rebellions bornées, des crocs identitaires aveugles, des légitimités assassines, close dans un infernal jeu de miroir meurtrier entre le dominant et le dominé, mais (…) il déploie au contraire l’hymne guerrier du « plus ouvert contre le plus étroit » (…) » Patrick Chamoiseau

« Mettre ces représentations en perspective dans le temps et dans l’espace conduit à comprendre combien la plupart de nos évidences en matière d’identité sont étranges et improbables pour qui se décide à les considérer d’ailleurs, et souvent de plus loin. » Marcel Detienne

 

« Le métissage ce n’est pas une fusion, l’addition d’un et d’un, la rencontre de deux identités dans l’illusion de leurs puretés originelles, encore moins un croisement d’espèces et de genres où la biologie aura sa part. Non, le métissage, c’est une politique. Et, plus précisément, une politique de résistance » Edwy Plenel


 

« Ceux qui se sont élevés contre la mise en avant d’une « identité nationale » sont souvent les défenseurs d’identités plus englobantes encore, apportant la preuve qu’il reste encore à ébaucher une pensée de l’identité, de l’appartenance et de la mémoire, qui se dessinerait dans la forme poétique de l’archipel et non dans la forme politique de l’assignation à résidence »  Natacha Polony (Marianne du 12 au 17 juillet)



"J'ai connu une époque où l'identité nationale était le seul principe concevable des relations entre les Etats. On sait quels désastres en résultèrent. […] L'Eurorégion crée entre les pays de nouvelles relations qui débordent les frontières et contrebalancent les anciennes rivalités par les liens concrets qui prévalent à l'échelle locale sur les plans économique et culturel". Claude Levi-Strauss


Quand les hommes de la fin du Moyen-âge et de la Renaissance ont redécouvert l'antiquité gréco-romaine et quand les jésuites ont fait du grec et du latin la base de leur enseignement, ne pratiquaient-ils pas une première forme d'ethnologie ? On reconnaissait qu'aucune civilisation ne peut se penser elle-même si elle ne dispose pas de quelques autres pour servir de terme de comparaison. La Renaissance trouva dans la littérature ancienne le moyen de mettre sa propre culture en perspective, en confrontant les conceptions contemporaines à celles d'autres temps et d'autres lieux. Claude Levi-Strauss

 

 

"(...) on sait déjà qu'aucune fraction de l'humanité ne peut aspirer à se comprendre, sinon par référence à toutes les autres."

Claude Levi-Strauss

 

 


"Sans doute cette uniformisation [des méthodes, des techniques et des valeurs de l'Occident] ne sera jamais totale. D'autres différences se feront progressivement jour, offrant une nouvelle matière à la recherche ethnologique. Mais, dans une humanité devenue solidaire, ces différences seront d'une autre nature : non plus externes à la civilisation occidentale, mais internes aux formes métissées de celle-ci étendues à toute la terre." Claude Levi-Strauss

 

Mais si l'homme possède d'abord des droits au titre d'être vivant, il en résulte que ces droits, reconnus à l'humanité en tant qu'espèce, rencontrent leurs limites naturelles dans les droits des autres espèces. Les droits de l'humanité cessent au moment où leur exercice met en péril

l'existence d'autres espèces.

Claude Levi-Strauss

06.11.2009

Identité 3

Identité 3

Voici d'autres citations qui devraient aider à ne pas enfermer les identités dans des catégories coercitives et illusoires... La police de l'identité veille et se réveille, les poètes éveillent et élèvent.



La droite « veut des guerres des cultures, et non des luttes de classes : tant que les affrontements concernent l’identité plutôt que la richesse, peut lui importe qui les gagne. » (...) « Pendant ce temps, l’idée, elle vraiment radicale, d’une redistribution des richesses devient quasi impensable. » Walter Benn Michaels



7e_RTA_est_son_drapeau_en_1917.jpg« Pour impressionner son public, Fofana Bakary en profitait pour rappeler, avec une pointe de fierté dans la voix, que le chef de la France libre avait, en 1944 à Brazzaville, décoré son père, un tirailleur valeureux, émérite et franchement polygame. Avant de mourir grignoté par ses nombreuses et turbulentes femmes, il avait terminé la guerre avec des médailles et le prestigieux grade de sergent-chef. Il se flattait aussi de connaître par cœur La Marseillaise. Cela ne l’empêchait pas, se plaignait son fils, d’avoir une pension inférieure à celle des Français de métropole. » Abdelkader Djemai

 

Il serait bon de «  réviser cette identité républicaine hypocrite qui a du mal à s’ouvrir à la diversité. Et quand on constate que monsieur Brice Hortefeux, ministre de cet affreux ministère de « l’Intégration, de l’identité nationale et de l’immigration », aux relents franchement vichyssois, se permet de réunir, à Vichy précisément, les ministres européens chargés des questions d’immigration, on peut légitimement penser qu’il y a là une continuité conservatrice inquiétante » Jacky Dahomay

 

456900-560145.jpg« Une autre dimension problématique de l’identité culturelle française est constituée par le rapport au passé colonial. Depuis une vingtaine d’années, on se penche en France avec insistance sur l’épisode vichyssois, sur la compromission avec la politique nazie. Or l’épisode colonial est beaucoup plus long (la seule « aventure » algérienne va de 1830 à 1962), il a donc laissé des traces dans la conscience de plusieurs générations de Français, et les rapports entre colonisateurs et colonisés n’ont guère été moins violents, loin de là, que ceux entre Français (non juifs) et Allemands pendant la dernière guerre. La colonisation est aujourd’hui annulée et ce sont les ressortissants des anciennes colonies qui se retrouvent nombreux en métropole. Cette question, dont on perçoit aisément toute la complexité psychologique, est absente du discours public contemporain. Le colonialisme, la décolonisation et leurs séquelles font l’objet de travaux spécialisés, mais ils sont refoulés par la conscience collective. Ce refoulement, à son tour, nuit à l’établissement d’une identité culturelle nouvelle. » Tzvetan Todorov

 

 

« Loyalisme. Antiloyalisme. Allégeance. Obéissance. Des mots, ce ne sont que des mots ».

Julie Otsuka


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« Noirs et Blancs ? Oui, parlons-en ! mais en prenant ces dénominations pour ce qu’elles sont, non pas le compte-rendu de variations pigmentaires, mais l’héritage dans les mots d’une histoire de domination naturalisée par les siècles, non pas notre destinée génétique, mais la postérité d’un conflit planétaire pesant sa marque dans notre regard et nos comportements ». Jean-Louis Sagot-Duvauroux



« Nul n’est plus fils ou fille de son pays que l’exilé, l’orphelin, le déraciné... Combien je déteste cette suffisance par laquelle on délimite son « clan », où on ne se reconnait de fraternité qu’à l’aune des frontières d’un pays... Les nationalistes sont des daltoniens, ils ne savent pas apprécier toutes les nuances et le colorie de cette fraternité élargie qu’on a coutume d’appeler la « diaspora » ; et, de même que la logique ou l’illogisme de l’intolérance tend à s’étendre au sein même des différentes régions d’une même nation, de même le mot « diaspora » revêt pour moi un sens plus généreux que celui de la simple connotation ethnique ». Ook Chung




« Je suis devenue «Musulman ». Cela je ne peux plus l’effacer. De la fange du monde capitaliste, le pétrole boueux, sont parvenus les pourvoyeurs de morts, les Instrumentateurs de la planète. Des hommes-à-face-de-pitt-bull, que leur force mécanique pervertit et enrage, croisent les hommes-en-noir-cracheurs-de-morts tout aussi animés de violence et de bêtise. (…) Ces deux espèces veulent ma mort. (…) Ils me nomment « Musulman »

Zahia Rahmani



« Mon cher enfant, à quoi bon chercher ta famille « biologique » ? (...) La recherche des racines comme panacée est une illusion. Chéris ton déracinement. Attache toi à une foi, à un dieu, plutôt qu’à un pays, et je te donne ce conseil de père même si tu es athée (il n’est pas besoin d’être dévot pour croire).
(...) Il y a bien longtemps, j’ai fait le choix de placer toute ma foi dans les mots, au-delà de la « famille », de la patrie, de ma propre vie.
» Ook Chung



« Vivre c’est fabriquer de l’oubli et du mensonge »

Tassadit Imache



"De même qu'il n'existe pas de bon conte, il est illusoire de penser qu'il puisse exister un bon endroit, un bon moment, une bonne personne. Peut-être que l'existence elle-même est une erreur totale. Il se peut que nous menions tous des existences prisonnières de hasards absurdes et que nous perdions notre temps à chercher un ordre sous-jacent". Murathan Mungan,





05.11.2009

Identité 2

Identité 2

Continuons notre tour d'horizon littéraire sur ce thème cher à nos élus et futurs candidats aux prochaines régionales!

« Nous sommes issus de tant de brassages, de métissages, certes dans la violence et l’invasion, mais ils sont réels et constituent un rempart contre l’hégémonisme, contre le fanatisme, et un chemin à creuser pour peu qu’on cultive cette diversité pour asseoir un autre type, un nouveau type de légitimité de l’État. Si l’on n’infléchit pas la tendance de l’Unique, nous courons à la catastrophe (…) » Mourad Djebel


Yasin appartient à "la tribu des sans-domicile, des sans-Etat, des sans-attaches. J'ai deux passeports et un tas d'autres pièces d'identité qui indiquent où j'ai vécu, mais pas qui je suis…". Comme le personnage de Jack Crabb de Little Big Man, sa vie "est perturbée par tous ces gens qui, des deux côtés veulent consolider une frontière qu'il doit sans cesse traverser dans un sens, puis dans l'autre, pour survivre" Jamal Mahjoub


Les arguments que nous avançons pour nous ghettoïser sont les mêmes que d’autres utilisent pour nous exclure et garder le gâteaux pour eux. » « C’est l’isolement qui crée la prison, bien sûr, et comme pour n’importe quelle prison, il y a réclusion de part et d’autre des barreaux. » Eddy L.Harris

 

"Vos tentatives d’identifications laconiques – à entêtes réglementaires – policières
mes empreintes génitales
genèse de vos geignement passés et à venir
s’y refusent
qu’ils me classent
sans ma participation me répartissent
dans toutes les cases pré ou post mortem"

Mourad Djebel

 

« Tous, nous sommes faits de nombreuses parties, d’autres moitiés. Il n’y a pas que moi » Jeffrey Eugenides


« T’es pas américaine, a dit l’un des hommes. C’est un imbécile raciste, me dis-je à moi-même. Vraiment ? glapit ma petite voix.  Et combien d’autres auraient été d’accord avec lui dans ce pays aujourd’hui ? Mais si je ne suis pas américaine, que suis-je alors ? » Chitra Banerjee Divakaruni

« Je pense aux gens dans les tours et dans les avions (…). Et aux gens comme nous, qui se voient avec les yeux d’étrangers, qui ont perdu leur identité. » Chitra Banerjee Divakaruni


« Des gens qu’elle n’a jamais vu lui disent à quel point ils sont navrés qu’elle ait dû traverser une si terrible expérience. Ils veulent lui serrer la main. Ils disent qu’elle est la bienvenue chez eux. Elle voudrait bien se sentir reconnaissante mais elle leur en veut. Ils lui donnent l’impression d’être une invitée.
« je suis née ici, a-t-elle envie de leur dire. Comment pouvez-vous me souhaiter la bienvenue ?
»

Chitra Banerjee Divakaruni


«  Je ne serais jamais un Français tout à fait comme les autres. Du reste, la femme que j’ai épousée à la veille de mon voyage en Bulgarie était, comme moi, une étrangère en France. Mon état actuel ne correspond donc pas à la déculturation, ni même à l’acculturation, mais plutôt à ce qu’on pourrait appeler la transculturation, l’acquisition d’un nouveau code sans que l’ancien soit perdu pour autant. Je vis désormais dans un espace singulier, à la fois dehors et dedans : étranger “ chez moi ” (à Sofia), chez moi “ à l’étranger ” (à Paris). » Tzvetan Todorov

« Toute ma vie je trainerais avec moi cette confusion, cette double date de naissance, comme un être à deux têtes, à quoi s’ajoute une double identité... ». Ook Chung

« je suis un Africain de la Caraïbe, de la Guadeloupe et je suis né en France. J’ai vécu mon enfance dans un petit village de la Haute Provence et j’assume toutes ces identités, qui ont fait de moi tout ce que je suis aujourd’hui.  Mais le socle de ma personne c’est l’Afrique. » Claudy Siar, fondateur de Tropique FM.


« je suis profondément martiniquaise mais j’aime beaucoup dire que je suis de partout. Mes réflexions me ramènent souvent sur mon île natale. Mon identité n’est pas fermée. En m’installant en France métropolitaine, je me suis construite de plusieurs identités." Viviane Vincent enseignante

04.11.2009

Identité 1

Identité 1

70555.jpgPuisqu’il faut plancher sur l’identité nationale voici du grain à moudre pour les candidats à rendre une bonne copie mais aussi pour un Besson et un Sarkozy qui nous ont refait le coup de la Marseillaise et de la terre. Le malheur, mais cela n’est pas une nouveauté (il faut lire ou relire Noiriel pour s’en convaincre), c’est que l’identité nationale est ici mobilisée comme la carotte et le bâton, agitée pour appâter et mieux battre le bougre d’immigré qui ne demande rien d’autre qu’on lui foute la paix et qu’on lui laisse le temps - une, deux ou trois générations - de devenir un Français pure sucre ! Quant aux autres – la majorité – une fois leur petite affaire faite (ou pas), ils repartent chez eux ou ailleurs, emportant souvent, à la semelle de leur soulier comme le chantait Enrico, un peu de la France et de sa culture. Voilà qui fait bien mieux pour le prestige de l’identité nationale que tous les discours démagogiques, le renvoi de trois Afghans et autres manipulations électorales.
Mais enfin peut-être ne faut-il pas désespérer - de la part de ce ministre notamment ! capable de déserter les siens en pleine bataille pour aller renforcer le camps adverse - : le caractère fluctuant, insaisissable, dynamique, changeant même de l’identité finira-t-il si ce n’est pas s’imposer à tout le moins à ne pas être oublié ?
Mais enfin peut-être qu’il ne faut pas non plus désespérer de ce président , car enfin  la « diversité », selon le vocable en vogue, loge  à l’Élysée. Une présence à hauteur non pas de 10 %, comme le préconisait le rapport de la commission Jacques Attali pour la prochaine Assemblée nationale, mais de plus de 87 %. Carla Bruni est une italienne pur sucre et Nicolas Sarkozy qui ne voit pour la France et l’Europe que des racines chrétiennes, porte, lui, des « racines » mêlées et mobiles à 50 % hongroise, à 25 % juive, - de cette Salonique chère à Albert Cohen -  et à 25 % française, par sa grand-mère. Certes Sarko n'est pas Obama... mais enfin, rêvons  que le caractère pluriel des identités contemporaines finira  par prendre le pas sur les « identité meurtrières », exclusive, ces identités qui enferment plutôt qu’elles ne relient, qui montrent le poing plutôt qu’elles ne tendent la main...

Pour nous aider à appréhender ce qui est tout de même une notion difficile, complexe et pour certains troublantes, voici un florilège de citations, distillé sur une petite semaine, histoire de nous aider à penser ou simplement à faire face aux monceaux d’idioties qui ne manqueront pas de nous accabler… et si quelques une de ces citations ont été écrites par quelques universitaires, journalistes ou sociologues, la majorité d’entre elles est l’œuvre de poètes car comme le disait Michel Le Bris « ce qu’elle dit aujourd’hui, cette littérature du monde, me paraît toujours beaucoup plus fort que ce que peuvent en dire les essayistes, les économistes, les politiciens… Ce sont les artistes qui donnent à voir le monde nouveau. (…) Le roman est la forme qui rend le mieux compte de la réalité du monde d’aujourd’hui, qui est une réalité d’identités, à la fois brisées, recomposée, multiples. Jamais dans l’histoire de l’humanité, l’humanité n’a connu des migrations aussi fortes. Il y a des télescopages invraisemblables de cultures, c’est comme dans un grand cratère où tout se trouverait mêlé, des identités se détruisent d’autres se recomposent… et le roman est capable de rendre compte de ça. Chaque personne, se retrouvant en fait à vivre en même temps des identités différentes, superposées, fragmentaires, doit inventer le récit qui va articuler tout ça en une forme cohérente qui sera sa manière d’habiter le monde là où il est ».

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« Une appartenance ethnique - voire un patronyme - n’est qu’une étiquette du langage, il me semble. Ce n’est pas une identité. L’identité est ce qui demeure primordial le long d’une existence, jusqu’au dernier souffle : la moelle des os, l’appétit flamboyant des organes, la source qui bat dans la poitrine et irrigue la personne humaine en une multitude de ruisseaux rouges, le désir qui naît en premier et meurt en dernier. » Driss Chraïbi

 

 

peux-tu défigurer l’ennemi de classe
sans emprunter ses traces ?
peux-tu te retourner / contre tes propres mirages ?
tout le monde chérit l’identité
tout le monde cherche l’origine
et moi j’enseigne le savoir orphelin
erre donc sur les chemins
sans te confondre avec l’herbe
Abdelkébir Khatibi


 

« C’est magnifique de pouvoir se défaire des chaînes de l’identité qui nous mènent à la ruine. Et moi qui suis-je ? Qui es-tu. Qui sont-ils ? Ce sont des questions inutiles et stupides » Amara Lakhous

 

Être

« un homme tout court »

Eddy L.Harris

 

 

 

« Fuis, chasse la honte de ton corps, arrache la culpabilité de ta tête, griffe les remords, échappe-toi, pense à toi, protège l’amour qui te contient, que tu contiens, garde-le pour tes pas sur terre, donne-le aux visages dont tu ignores tout, préserve tes caresses pour la peau qui te rend la félicité » Hafid Aggoune

« Il n’y avait pas de fin à cette identité, ou alors celle-ci était à trouver dans le chaos et son propre inachèvement » Ook Chung

« Il n’est pas possible de vivre en dehors de la patrie, et la patrie, ce n’est pas seulement un coin de terre ; c’est aussi un ensemble de coeurs humains qui recherchent et ressentent la même chose. Voilà la patrie, où l’on se sent vraiment chez soi. » Van Gogh


"Impossible de raisonner en termes de Noir, d'Arabe ou de Juif là où [il n'y a] que des hommes".
Abd al Malik

 

 

 

« Se décoloniser de quoi ? De l’identité et de la différence folle.

Je parle à tous les hommes. »

Abdelkebir Khatibi


« Tout être est mon être »

Emir Abd El Kader


 

 

Conseil paternel : « Essaie de te créer ton petit monde et ne laisse jamais personne te dire qui tu es ou comment tu devrais être ; même pas moi. C’est toi seul qui décides. » Eddy L.Harris

« Je ne suis prisonnier ni de Harlem ni de la couleur de ma peau » Eddy L.Harris

« J’ai grandi dans la certitude de pouvoir faire tout ce que je souhaitais et être qui je voulais. Je pensais avoir droit à tout, pouvoir être noir et en même temps être davantage que simplement noir. J’ai toujours voulu être davantage. Je n’ai jamais accepté de contrainte. »
Eddy L.Harris

La suite demain...

 

Illustration : Gottfried  Lindauer (1839-1926)
Tomika Te Mutu, chef de la tribu  des Ngaiterangi, Nouvelle Zélande (vers 1880)